PRISE DE POSITION | Hausse croissante des bris de services | Le Devoir
La Coalition de parents d’enfants Ă besoins particuliers du QuĂ©bec #CPEBPQ dĂ©nonce la hausse croissante des « bris de services » dans le rĂ©seau de l’éducation.
Leur nombre a plus que doublé depuis que le gouvernement actuel a été forcé par la pression des parents, des organismes en défense de droits des enfants comme le nôtre et les demandes d’accès à l’information pour mesurer le phénomène. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg, car il y a des grands oubliés dans le décompte.
Nous soulignons aussi les actions parlementaires de Jennifer Maccarone, députée de/MNA for Westmount-Saint-Louis ayant mené à la publication du premier rapport de dénombrement d’élèves ayant vécu ou vivant un bris de service et le dépôt du Projet de loi n°398 pour modifier la Loi sur l’instruction publique afin de consacrer le droit des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage de recevoir des services éducatifs équivalents à ceux dispensés par l’école, malheureusement mort au feuilleton.
Nous dénonçons haut et fort cette déscolarisation déguisée. Ce n’est pas d’hier que nous tirons la sonnette d’alarme. Priver des élèves à besoins particuliers de scolarité sous prétexte que nous n’avons pas les ressources nécessaires pour répondre à l’intensité de leurs besoins va à l’encontre de notre contrat social d’égalité des chances et de leur droit fondamental d’aller à l’école comme tous les autres élèves. L’éducation des élèves les plus vulnérables ne doit pas être sacrifiée par manque de moyens et de volonté politique.
Cette déscolarisation est une catastrophe annoncée :
« …[les] investissements n’ont pas suivi le rythme de la croissance des besoins des élèves en difficulté, de plus en plus nombreux dans les écoles de la province, constate la présidente de la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec, Bianca Nugent. « Les parents nous rapportent que, par exemple, cette année, leurs enfants ont été obligés de changer d’école, carrément, parce qu’il y avait un manque d’éducateurs spécialisés », ce qui menait à des ruptures de services, souligne-t-elle. Elle appréhende d’ailleurs que le nombre d’élèves exclus du réseau scolaire continue d’augmenter dans les prochaines années, vu le contexte de restrictions budgétaires. « On voit venir la catastrophe », lance Mme Nugent, qui tire ainsi une « sonnette d’alarme ».
Sur le plan du respect de leur dignité humaine et de leur santé mentale, il y a aussi des impacts négatifs : « moins l’enfant est exposé aux apprentissages, plus il est mis à l’écart, plus ça affecte son estime de soi », ce qui mine sa « motivation » à poursuivre son parcours scolaire » souligne Bianca Nugent, porte-parole de la CPEBPQ.
La déscolarisation des élèves à besoins particuliers sur la base de l’intensité du soutien et les ressources dont ils ont besoin pour apprendre doit cesser. Nous sommons notre gouvernement de trouver tous les moyens nécessaires pour faire respecter leurs droits à une éducation digne de ce nom et des mesures pour contrer leur déscolarisation.


