Le récent reportage diffusé à Découverte a ravivé un débat qui, trop souvent, se fait au détriment des premières concernées : les femmes autistes.
Dans l’espace public, remettre en question la validité de leurs diagnostics — ou suggérer qu’ils relèveraient d’un « effet de mode » — n’est pas anodin. Ces discours fragilisent la confiance envers les évaluations rigoureuses, alimentent la confusion et exposent encore davantage celles qui ont déjà traversé des années d’incompréhension, d’invalidation de leur parole et d’errance diagnostique.
Nous devons nous demander à qui profite cette confusion. Pendant que certains sèment le doute, les femmes autistes, elles, continuent de porter les conséquences bien réelles de ces prises de position arbitraire. Dans un contexte où l’accès au diagnostic est déjà inéquitable pour plusieurs groupes minorisés et où une véritable industrialisation du parcours diagnostique pèse sur les familles, souvent les mères, ces affirmations publiques par des « autorités médicales » ajoutent un poids supplémentaire — inutile et injuste.
À la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec, nous réaffirmons notre solidarité envers toutes les femmes et les filles autistes, toutes les personnes qui les aiment et aussi les organismes à boutte qui les soutiennent comme la Fédération québécoise de l’autisme.
Nous défendons leur droit à une évaluation rigoureuse, à la pleine reconnaissance de leur réalité, leur vécu, leur parole et à leur dignité.
Un diagnostic différentiel validé par des professionnelles et professionnels qualifiés mérite d’être respecté. Toujours.
Parce que soutenir les femmes autistes, c’est refuser que leur vécu soit instrumentalisé ou relativisé. C’est choisir la rigueur, l’empathie et la justice.

